A bras ouvert sur le Léman

Maison de 720m2 posée au bord du Léman, « La Poissonière » tranche par la quiétude et les transparences qui la traversent de part en part. Un objet qui semble flotter et tendre les bras à l'horizon azuré.

D'un côté le lac, de l'autre une zone agricole qui s'étend loin en direction du Jura. Entre les deux, une bande constructible qui semble restreinte par rapport à l'immensité de l'ensemble, mais qui propose un volume conséquent avec près de 720m2 sur les différents niveaux. Visuellement, l'impression est celle d'un bateau posé sur une langue de verdure, cerné par deux bouquets forestiers.

Par ses coursives, par sa gestion des ouvertures, par ses piliers de soutènement ou le séquençage des différents modules, on pense à un sternwheeler naviguant sur le Mississipi.

La modularité comme principe constructif
Au vu du programme, l'objectif était de ne pas se retrouver avec un front bâti trop important. Dès lors, la villa a été décomposée, fonctionnant comme un agrégat de différents modules accolés les uns aux autres, jouant sur les volumes, les revêtements (du bois, du métal, du quatzite...) et les fonctionnalités, jusqu'à dérouter le regard. Ici, le jardin d'hiver, travaillé comme s'il s'agissait d'une serre. Là, la piscine déposée dans ce qui pourrait être un atelier. Au sommet, la terrasse et ses allures de vigie. La chambre des parents apparaît dans la « tour », donjon de béton qui souligne le lieu / lien / nœud fondateur. Chaque espace a été pensé comme un objet en tant que tel, imaginé comme autant de refuges indépendants les uns des autres.
Tout entière tournée vers le Léman, quadrillée de fenêtres et de baies vitrées, cette maison offre une transparence de tous les instants. Toutes les pièces regardent vers l'élément azuré. Maison avant tout familiale, la cuisine se veut cosy avec son séjour attenant, mais peut tout à fait se transformer pour le besoin de réceptions. Chaque chambre y a été travaillée comme une petite suite, la salle-de-bains d'un côté, le dressing de l'autre. 

Une piscine à double vue 
Si la piscine est intérieure, elle a été installée à l'étage afin de profiter, le cas échéant, d'une vue qui se prolonge sur le Léman. On peut aussi en admirer le fond de verre depuis la salle de jeux du rez inférieur. Au dernier étage, on trouve un deck majestueux, d'autant plus généreux et luxueux qu'il est à l'image d'un pont supérieur. Exclusif, réservé aux seuls invités. Entre les étages, un escalier ovoïde assure la transition.
Un peu plus bas, un hangar à bateau est venu compléter le programme par la suite, nécessitant notamment l'aménagement d'une digue de bise pour le protéger de forts courants éventuels.

Une plage parfait l'ensemble, bordurée par un muret faisant office de rempart à l'assaut des vagues, de banc occasionnel.