Immeubles d’habitation

ÊTRE, BIEN-ÊTRE

Nombreuses sont les façons d’aborder la commune de Genthod : son village reconnu comme site d’importance nationale ; ses armoiries de gueules au sautoir engrêlé d’or ; son centre ornithologique ; ses deux gares CFF ou son taux de centime additionnel le plus bas du canton. La liste pourrait s’allonger, elle ne ferait qu’effleurer ce qui ravit les yeux –et le cœur– lorsqu’une simple promenade nous entraîne sur son territoire. Avant tout en effet, se trouver à Genthod c’est s’attacher à la quiétude d’un paysage préservé, ouvert sur le lac et les montagnes, structuré par les champs cultivés et les cordons boisés. Une nature splendide, exaltée par la présence d’un bâti tantôt somptueux et tantôt modeste, mais toujours chargé d’histoire.

Au Sud-Ouest du joli hameau, le terrain qui longe le chemin des Rousses intègre pleinement ce constat. Avec une importante surface aménagée en parc, la présence d’une forêt traversée d’un ruisseau et, sur 360 degrés, de profonds dégagements visuels sur le Léman, les Alpes et le Jura, cette situation offre la possibilité de réaliser non pas une maison, mais un rêve.
Une lecture fine du lieu permet de dégager les axes d’un développement harmonieux. Le principe d’implantation, le volume général et le standing empruntent à la maison de maître du 18e siècle campée sur la parcelle voisine. L’organisation spatiale s’articule en peu d’éléments, avec une cour délimitée par un socle, un corps principal posé au-dessus et, côté jardin, un bassin et un pool-house. Entre l’ancienne maison de maître et la nouvelle construction s’établit alors un réel dialogue qui garantit la cohérence du site. Mais si le propos est identique –profiter d’un ensoleillement maximal et bénéficier des plus belles vues– et que la langue est la même, le vocabulaire choisi affirme une contemporanéité sans plagiat ni compromis.

Derrière un carroyage strict, le volume de la maison proprement dite accueille sur deux niveaux un programme classique où chacun des espaces jouit d’une relation privilégiée avec l’extérieur. Un jeu de pleins et de vides ainsi que de discrètes loggias s’insèrent dans cette trame régulière, accentuant encore le sentiment de perméabilité entre le dedans et le dehors, le lac ou le jardin. Un généreux hall d’entrée permet une circulation verticale et relie la partie inférieure qui, tirant un habile parti de la pente du terrain, abrite un garage pour quatre automobiles, mais également un appartement de service, divers locaux techniques, un cellier, un sauna et un fitness.
Rectifiée avec tact, la topographie naturelle du sol libère sur le devant un large belvédère ouvert sur le grand paysage. Prolongé en terrasse à l’arrière et parfaitement protégé de la bise, cet aménagement intègre une piscine et une construction avec pergola, vestiaires et salon d’été. La volumétrie modeste respecte la hiérarchie classique qui entend que l’habitation principale garde une certaine solennité. La justesse des alignements et le calibrage de la trame inscrivent toutefois cette annexe en continuité avec le reste, sans en perturber l’homogénéité d’ensemble.
Dans ce cadre spectaculaire, la minéralité très affirmée et le recours au bois agissent comme des hommages à la construction locale. Avec des formes pures et le recours à des matériaux qui allient noblesse et simplicité, l’expression de la nouvelle maison vise à en favoriser l’intégration à travers une mise en œuvre soignée. Bien entendu, la référence est celle de ces grands domaines genevois capables de conjuguer la retenue avec la distinction, la somptuosité avec la tempérance.